Le sapeur-pompier



Je m'appelle Jérémie Grandsir. Je suis sous-officier au centre d'incendie et de secours de Dieppe. C'est mon père qui m'a transmis ce virus. Lui-même était pompier, et naturellement, j'ai suivi. Mes motivations pour devenir pompier, c'était aider les autres, mais aussi la polyvalence du métier : ne jamais faire la même chose.

La formation de base pour être pompier, c'est d'abord le secours aux victimes. Puis, les secours divers : un arbre à tronçonner, un ascenseur bloqué, un incendie. Pour ma part, j'interviens aussi sur des opérations périlleuses. J'ai commencé il y a onze ans ; des anciens m'ont appris ce métier et transmis leur passion.

Etre pompier est un métier difficile, surtout en cas d'échec, et face à la souffrance des gens. On n'arrive pas à sauver tout le monde, c'est ça qui est difficile. Il y a aussi le fait de travailler jour et nuit. Mais quand on aime ...

Ce qui est important pour être pompier, c'est la générosité, l'esprit de cohésion, c'est-à-dire le travail d'équipe, l'altruisme ( vouloir le bien des gens), et la solidarité entre camarades.

Bien sûr, il m'est arrivé d'avoir peur. Tous les sapeurs pompiers ont peur, et c'est bénéfique : ça permet d'éviter les accidents. On risque notre vie, mais on est là pour ça, on l'accepte.

Mes satisfactions sont quotidiennes ; aider une dame qui a fait une chute, éteindre un incendie, tronçonner un arbre pour éviter un accident.

La plus belle chose qui peut nous arriver, c'est de sauver une vie et aussi d'accoucher ; ça nous permet de surmonter des choses dures.

Nous ne nous considérons pas comme des héros. Ce qu'ont fait nos aînés lors de la seconde guerre mondiale, ça, c'est héroïque ; mais nous, nous sommes simplement des gens au service des gens...

Interview réalisée à la caserne de Dieppe en mai 2003