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L'esclavage du XVIIème au XIXème

L'abolition de l'esclavage

Les arguments des esclavagistes

Pour les esclavagistes, l'esclavage était indispensable au grand commerce international. De plus, ils soulignaient que l'esclavage existait déjà en Afrique. Les esclavagistes, qui prenaient les Africains pour de « grands enfants », soutenaient que les esclaves accédaient, grâce à eux, à la civilisation, car ils les convertissaient [de force] au christianisme. Enfin, en les réduisant en esclavage, ils leur permettaient, selon eux, d'échapper aux nombreuses guerres tribales d'Afrique.

Les quakers, les premiers abolitionnistes aux États-Unis

Les quakers, connus en France sous le nom de la Société des amis, étaient un groupe de protestants. En Pennsylvanie, ils furent les premiers à s'opposer à l'esclavage pour des motifs religieux et moraux. En 1688, ils condamnent l'achat et le fait de garder des esclaves. En 1758, les quakers votent une loi anti-esclavagiste en Pennsylvanie. En 1774, ils interdisent de pratiquer la traite, puis en 1776 l'interdiction de pratiquer l'esclavage est mise en place.

Les premières abolitions dans les États du nord des États-Unis

En 1777, l'esclavage est interdit dans les États du Nord suivants : Vermont, Massachussetts, New Hampshire, Pennsylvanie, Rhodes Island, Connecticut. En 1820, le compromis du Missouri abouti à la reconnaissance de l'esclavage au Sud alors qu'il est aboli au Nord.

Les courants abolitionnistes en Grande-Bretagne

La conquête de l'Inde et l'indépendance des États-Unis ont été les deux causes du changement de la politique coloniale de la Grande-Bretagne. Les quakers firent signés plusieurs pétitions contre l'esclavage dans toute la société. Afin de mobiliser la population contre l'esclavage, Ramsay publia Essai sur le traitement et la conversion des esclaves africains dans les colonies à sucre britanniques. En 1787, la Société pour l'abolition de la traite fut créée en Grande-Bretagne. Une autobiographie d'Olaudah Equiano, un esclave affranchi, est publiée à Londres en 1789. Le mouvement abolitionniste en Angleterre, est principalement un mouvement de masse, s'appuyant sur de nombreuses pétitions et tracts, mais aussi sur l'organisation de boycotts.

Les courants abolitionnistes en France

Au XVIIIème siècle, l'esclavage est critiqué par les philosophes des Lumières. Ils publient alors l'Encyclopédie qui réunit toutes leurs idées. Dans l'Encyclopédie, il est dit que "que rien au monde ne peut rendre l'esclavage légitime". Montesquieu écrit que "comme tous les Hommes naissent égaux, il faut dire que l'esclavage est contre la nature". Voltaire, lui, prend pour exemple un "nègre" du Surinam pour dénoncer l'horreur de cette pratique. Pourtant, il possédait des actions dans des compagnies négrières nantaises. Condorcet propose dans son livre Réflexions sur l’esclavage des Nègres, un affranchissement progressif et le rachat des esclaves. En 1770, l'Abbé Raynal publie Histoire philosophique et politique de l'établissement et du commerce des Européens dans les deux Indes. Son livre, condamnant l'esclavage, sera réédité une trentaine de fois et traduit en anglais, en allemand et en espagnol. En 1789, Olympe de Gouges fut emprisonnée à la prison de la Bastille par lettre de cachet après une seule représentation de sa pièce de théâtre Zamora et Mirza qui dénonçait l'esclavage. En 1788, la Société des amis des Noirs est créée dont fait partie entre autres Condorcet. Puis, la Société française pour l'abolition de l'esclavage est créée en 1834. Lamartine, Tocqueville et Victor Schœlcher en font partie.

En France, l'abolition de la traite, n'est pas un mouvement de masse comme en Grande-Bretagne, mais plutôt un mouvement élitiste.

L'abolition de la traite et de l'esclavage en Grande-Bretagne

Le député Wilbeforce fait voter en Grande-Bretagne, l'abolition de la traite en 1807. En 1815, le congrès de Vienne condamne la traite des Noirs sous la pression britannique. Puis, en 1833, le « décret pour l'abolition de l'esclavage dans les colonies britanniques pour le développement du travail des esclaves émancipés et pour indemniser les personnes ayant droit aux services de ces esclaves » est voté. Ce décret indemnise les maitres des esclaves, et oblige les esclaves à faire une période d'apprentissage de six à huit ans chez leur maitre. Ce décret entre en vigueur un an après en 1834.

Les deux abolitions en France

Saint-Domingue

En France, la première abolition est arrachée par les esclaves eux-mêmes. En août 1791, une insurrection d’esclaves éclate à Saint Domingue. Suite à cette insurrection, le 29 aout 1793, la France abolit l’esclavage à Saint-Domingue. Le 4 février 1794, l’abolition est étendue aux autres colonies françaises, Guadeloupe et Guyane. L’esclavage en Martinique n’est pas aboli car elle est occupée par les Britanniques. L’abolition n’a eu aucun effet à l’île Bourbon, l'actuelle île de la Réunion, à cause de l’opposition des planteurs.

Le 20 mai 1802, le Premier Consul Napoléon, sous la pression des lobbies sucriers, rétablit l’esclavage. Les abolitionnistes restent silencieux, sauf l’Abbé Grégoire. Une révolte d’esclaves à nouveau à Saint Domingue et en Guadeloupe. Saint Domingue gagne alors son Indépendance le 1er janvier 1804, sous le nom d’Haïti.

Le Comité pour l’abolition de la traite et de l’esclavage au sein de la Société de la morale chrétienne est créé en 1822. En 1834, le Martiniquais Cyrille Bissette, descendant d’esclave, demande l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. De 1840 à 1841, Victor Schœlcher voyage dans les Caraïbes et découvre l’esclavage. Il rencontre deux obstacles à l’abolition : l’alternative entre une abolition immédiate ou progressive et le problème de l’indemnisation à verser aux planteurs.

En 1848, Victor Schœlcher, nommé sous-secrétaire d’État à la marine et aux colonies lors du Gouvernement provisoire de la IIème République, préside la commission d’abolition de l’esclavage. Le 27 avril 1848, un décret pour l’abolition de l’esclavage est signé, il instaure une abolition immédiate et complète.

L’abolition de l’esclavage aux États-Unis

Au nord des États-Unis l’esclavage est aboli depuis près d’un siècle car la région est riche grâce à ses industries. Au Sud, riche surtout grâce à ses plantations cotonnières, on continue l’esclavagisme. Dans les années 1830, les camps abolitionnistes commencent à se former. L’Underground Railroad aide les esclaves du Sud des États-Unis à fuir vers le Nord et le Canada. En 1854, le parti Républicain inscrit alors l'abolition dans son programme. En 1865, Le président Abraham Lincoln l’applique à tous les États-Unis à l’issue de la Guerre de Sécession de 1861 à 1865, qui opposa le Nord abolitionniste au Sud esclavagiste, c’est le 13ème amendement à la Constitution.

Conclusion

De nos jours, l’esclavage existe encore bien qu'il soit aboli partout dans le monde.

Yesim, 4ème 1
Marion, 4ème 1